"Origine du goût" (Auteur Dr Martine ANDRE)
Les papilles de la langue sont les premières à intervenir dans
le mécanisme du goût
puisqu'elles permettent les perceptions thermiques, tactiles et gustatives.
C'est ensuite le cerveau qui analyse et restitue les sensations grâce aux minuscules
récepteurs sensoriels situés dans chaque papille. Les terminaisons nerveuses
de ces
récepteurs sont en effet reliées au cerveau qui va analyser ces sensations et
les mémoriser.
Autrement dit, c'est notre mémoire qui nous permet de reconnaître le goût des
aliments.
De plus, le cerveau permet de transformer cette sensation en émotion, c'est-à-dire
en plaisir.
On parle de " mémoire gustative "
D'autre part, le goût est intimement lié à l'odorat, notamment
pour distinguer des goûts plus
subtils, et ce grâce à des milliers de récepteurs de l'odorat situés dans le
nez. C'est pourquoi
nous aimons sentir, renifler ce que nous mangeons.
Ce reniflement léger favorise le transport des substances vers la muqueuse olfactive
où siègent
les cellules nerveuses sensorielles connectées avec les ramifications du nerf
olfactif. Cette zone
olfactive est particulièrement sensible puisque nous pouvons percevoir un milliardième
de
milligramme de n'importe quelle substance. L'évolution du goût avec l'âge -
A l'adolescence,
la puberté et ses transformations physiques et psychologiques va aussi retentir
sur le goût et
surtout sur l'odorat. L'adolescent va s'affirmer à travers des comportements
alimentaires tels
que des fringales, une boulimie, le refus du repas familial.
Son goût le porte vers des saveurs fortes (poivrées, pimentées,
corsées ...). Enfin, il est attiré
par l'alcool et le tabac, jusqu'alors l'apanage des adultes. -Chez l'adulte,
le goût se peaufine
au contact des fins gourmets ou en choisissant un cadre propice à une restauration
de qualité.
Plus tard, des altérations du goûtpeuvent survenir avec l'âge. Elles sont notamment
liées à une
cause médicale ayant entraîné une atrophie des papilles gustatives ou à une
alimentation
monotone, peu alléchante qui ne permet plus de stimuler les bourgeons du goût.
Il s'ensuit une
perte de la mémoire du goût. Parallèlement à cette détérioration du goût, l'attirance
du sucré
revient en force… Les avancées de la recherche dans le domaine du goût Les progrès
de la
biologie moléculaire ont permis de mieux comprendre le mécanisme des récepteurs
impliqués
dans le codage nerveux de l'information olfacto-gustative.
L'imagerie cérébrale (scanner) a aussi permis une avancée avec
le développement d'une nouvelle
science : la neuroscience cognitive. Cette discipline permet une vision directe
du fonctionnement
des neurones et une connaissance précise des différents processus intervenant
dans la perception
du goût. Grâce à ces avancées scientifiques, on sait par exemple que nous n'avons
pas tous le même
équipement en récepteurs olfactifs. Ce qui explique pourquoi nous pouvons avoir
des perceptions
très différentes d'une même odeur. Il en est de même des saveurs dont l'éventail
est aussi complexe
et difficile à mettre en mots que celui des odeurs. On sait aussi maintenant
que les quatre saveurs de
base que nous connaissons bien (salé, sucré acide, amer) ne sont qu'un petit
pan d'un éventail de
saveurs beaucoup plus vaste. L'exemple des édulcorants qui n'ont pas le goût
du sucre, mais ont un
goût sucré, variable selon le produit, avec parfois un arrière-goût, montre
bien qu'il existe plusieurs
saveurs sucrées.
....................................................................